Fiche Roman
Genre : RECIT
Epoque : 1950-1975
Lieu : LIBAN
Nbre pages : 187
Résumé :
Charif Majdalani poursuit, après « Histoire de la Grande Maison », et « Caravansérail », l’histoire de sa famille, et surtout l’histoire du Liban depuis la fin du 19ème siècle.
J’ai aimé :
Présenté comme un conte oriental, le narrateur dresse une histoire romancée du Liban dans la décennie qui précède le début de la guerre civile en 1975.
Ghaleb Cassab est un rêveur épris de récits d’aventures et de jolies filles, contraint d’abandonner ses études pour subvenir aux besoins de sa mère et de ses sœurs, il sera marchand de tissu, puis secrétaire d’un homme d’affaires. Ses histoires amoureuses sont rocambolesques, il tente de faire fortune, côtoie des bandits des souks, jusqu’à ce qu’on lui propose l’affaire à Alep. Son usine textile remontée, les machines l’ont enrichi et il devient un homme en vue. Enfin « Monde » peut devenir sa maîtresse et il pourra envisager d’assurer sa descendance. Mais ce « rêveur » n’a pas pris la mesure de la crise de 1973 et les combats de 1975 vont dévaster sa maison. Les machines, une nouvelle fois démontées vont être emportées dans la montagne dans l’espoir d’un avenir heureux. C’est une histoire de délocalisation et relocalisation des plus singulières, une métaphore du pays.
Le lecteur se laisse emporter par le talent et l’imagination du conteur, dans un monde où le vocabulaire des machines textiles nous est familier, où les hommes hauts en couleur sont aventureux, et gardent espoir dans un Beyrouth qui a connu des années de bonheur avant la guerre civile.
Simone, les passeurs de mots
J’ai aimé :
Charif Majdalani est tout d’abord un conteur. Il sait donc mélanger dans son récit : la vie de sa famille, de son pays, les cultures différentes de l’orient, et bien sûr ses amours personnels. 187 pages qu’on ne lâche pas, où le Liban, porte, entre orient et occident, musulmans (dans toutes ses composantes) et chrétiens (de toutes sortes) dévoile une fois de plus ses complexités et ses connivences.
Pour notre région, ces pages se lisent avec d’autant plus de plaisirs que son monde (pour cette partie du récit) est celui de l’industrie textile, et que son discours sur les ourdisseuses, les décatisseuses, les enrouleuses ne pourra laisser indifférent celui qui a connu un atelier de filature, tissage ou teinture. Une façon fabuleuse de comprendre les échecs militaires et politiques de l’occident quand il intervient en orient sans comprendre.
Anne, les passeurs de mots
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